C - Casu / Convaincue

C - Casu / Convaincue

C - Casu / Convaincue

Je me suis réveillée en sursaut. Ma mère entrait dans la chambre pour nous dire que nous devions nous lever pour aller à l’école. Elle a ouvert les volets puis est descendue préparer notre petit-déjeuner comme à son habitude. J’ai attendu que ma sœur aille aux toilettes pour enlever en vitesse la couche que j’avais gardée toute la nuit et descendre de mon lit mezzanine. Je devais la cacher, mais où la mettre? En entendant ma sœur revenir, je l’ai mise précipitamment dans ce qui était le plus proche de moi: mon cartable.


En me préparant cette matinée, je pensais à la couche coincée entre mon livre de mathématiques et mon cahier de français. Nous habitions à une quinzaine de minutes du collège dans une petite commune bretonne. Je faisais le trajet à pied pendant que ma mère emmenait ma sœur en voiture à l’école primaire située à l’opposé de la ville. J’avais un ami qui habitait à mi-chemin, j’avais donc pris l’habitude de sonner à sa porte pour qu’on finisse la route ensemble. Ça me laissait trois rues pour trouver une poubelle dans laquelle jeter la couche. Les débuts dans l’ABDL commencent toujours par des complications logistiques…

J’ai fait un signe à ma mère et ma sœur qui s’éloignaient et j’ai commencé mes recherches. Il y avait une poubelle verte au coin de la rue, mais j’avais trop peur que les voisins me voient. Tout le monde se connaissait dans le quartier. Il y avait ensuite un chemin qui descendait et qui menait près d’une route passante. Le collège était sur la gauche, prendre à droite menait en ville en longeant la départementale. J’ai tenté ma chance. 300 mètres plus loin, j’ai vu une poubelle à côté d’un arrêt de bus. Deux personnes attendaient assises sous l’abri. Elles ne pouvaient donc pas voir la poubelle. J’avais le cœur qui battait fort. Je me suis mise dos à la route, j’ai posé le sac à mes pieds et j'ai jeté la couche en la poussant bien au fond avant de repartir d’un pas rapide. En revenant sur mon chemin habituel, je me sentais soulagée mais toute cette expérience m’avait un peu perturbée. Discuter de tout et de rien avec mon ami m’a fait du bien. La journée s’est ensuite déroulée normalement. J’étais d’assez bonne humeur. Dans un coin de ma tête, la soirée précédente tournait en boucle.


Le soir même, j’ai snobé le paquet rose. Je me sentais légère, presque amusée par mon attirance des semaines précédentes. C’était révolu.

Mardi, même réaction.

Mercredi, j’ai eu un petit rire nerveux en repensant à ma soirée en couche. Révolu?

Jeudi, je trouvais une ribambelle d’arguments pour ne pas recommencer.

Vendredi, l’auto-persuasion n’avait pas fait effet.

Le week end qui arrivait était l’un de ceux qu’on allait passer chez mon père. Ma mère avait mis trois couches dans les affaires de ma sœur. J’étais jalouse.


L’appartement de mon père était petit et il n’y avait pas grand chose à faire pour nous. Il nous emmenait dans des parcs, au cinéma ou des restaurants avec des aires de jeux, mais il restait toujours en retrait. Avec le recul, je me rends compte que lui aussi était un peu perdu face à la situation. L’adulte que je suis aujourd’hui l’aurait pris dans ses bras en lui disant que ce n’était pas grave, qu’on trouverait des moyens de rester une famille. Mais à 12 ans, on est égocentré. Je n’arrivais pas à effacer le vague sentiment d’abandon qui flottait dans ces moments.


Nous sommes rentrées le dimanche soir. Douche, première tentative de mise de pyjama, rejet théâtral, déplacement du petit escabeau, enfilage d’une couche, rhabillage, plongée sous la couette. Le même schéma qui allait se répéter un nombre incalculable de fois. Parfois, je poussais le vice jusqu’à proposer à ma sœur de prendre mon lecteur CD avant de dormir. Quand j’entendais la musique sortir du casque, j’en profitais pour palper la couche. J’étais moins sereine que quand je savais qu’elle dormait, mais j’aimais aussi ce léger danger. En sortant du lit le matin, j’ai continué à la mettre dans mon cartable pour la jeter à la même poubelle en priant pour qu’il n’y ai personne qui attende le bus à côté. La météo bretonne m’a souvent porté secours sur ce point.


Un jour, le réveil fut particulièrement difficile. Je m’étais réveillée plusieurs fois pendant la nuit et comme j’avais mis une couche la veille, j’en avais profité de longs moments avant de me rendormir. L’esprit encore ensommeillé, je me suis dirigée en pilote automatique vers les toilettes. Fermer la porte, mettre le loquet, baisser le pantalon, baisser la couche… La couche ?! J’avais complètement oublié de la retirer ! Et puis tout bien réfléchi… j’étais là, elle était encore là, ma vessie m’indiquait que, clairement, elle était de la partie elle aussi, et après tout, une couche c’est fait pour ça… Et si je l’utilisais vraiment pour la première fois ?
J’ai un peu écarté les jambes et j’ai fixé machinalement le plafond, comme si la couche aurait été gênée que je la regarde se remplir. Échec. Rien ne sortait. J’étais un peu tendue et j’avais peur qu’une si petite couche n’absorbe pas autant de liquide. Je me suis assise sur le siège des toilettes tout en la gardant et après quelques secondes… Un bruit, un soulagement et une chaleur si douce…


Porter des couches aurait pu être une simple passade. Cette première utilisation avait été le déclencheur d’un nouveau mode de vie. J’étais une DL casu, je suis devenue ABDL convaincue.

 

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