F - Fini

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F - Fini

Ce premier paquet de Pampers Baby Dry avait duré deux bons mois. Ma dextérité sur “l’habillage” augmentait, ce qui les rendait un peu plus confortables au fil des semaines. Un peu. Soyons honnêtes, ce n’était pas la panacée. Si le côté “trop petit” avait des aspects sympathiques, j’étais souvent frustrée de ne pas être tout à fait “enveloppée”. Sans compter les fuites… Le pipi du matin était impossible à contenir ; plusieurs essais honteux dans les toilettes l’avaient prouvé. Faites des gosses têtus… Du coup, j’avais développé une autre stratégie. Environ une fois par semaine, je buvais beaucoup d'eau à dîner. Ma mère me faisait parfois la réflexion, mais n’y accordait pas plus d’importance. Dès que j’arrivais dans la salle de bain pour faire ma toilette du soir, je mettais une couche, j’allais dans la cabine de douche et je faisais pipi. Cette sensation de libération me grisait. Même le fait que l’urine glissait le long de mes cuisses ne me dérangeait pas. Une fois fini, je passais le jet de la douche sur mes jambes et sur la couche, je me séchais, me brossais les dents et démêlais mes cheveux en portant toujours la couche remplie. Je pouvais profiter quelques instants de plus de la chaleur qu’elle procurait. Puis je l’enlevais et prenais vraiment une douche avant de remettre une Baby Dry propre pour la nuit.

La gestion de la couche pleine m’empêchait de faire ça trop souvent. J’avais réquisitionné un sachet de course en plastique pour transporter avec moins d’encombre les couches utilisées (et les autres aussi, d’ailleurs), mais je craignais que l’odeur de l’urine ne finisse par arriver au nez de ma mère ou de ma sœur. En plus, il fallait par conséquent se débarrasser de deux couches le matin et je trouvais ça doublement risqué.

A la cantine du collège, je m’étais un jour demandé si boire beaucoup d’eau et juste repousser le plus possible le moment d’aller aux toilettes allait me procurer le même émoi. J’ai donc attendu la fin des cours à 17h pour aller me vider. Ma vessie était si distendue qu’elle me provoquait des crampes à tel point qu’il s’en est fallu de peu pour que je me fasse pipi dessus dans le couloir. Arrivée au-dessus des toilettes, le jet auquel j’ai donné vie aurait fait concurrence au meilleur des Karcher. Je n’ai pas pu m’empêcher de lâcher un petit cri, en espérant qu’il n’y ait personne autour de moi. Je retrouverais la sensation de soulagement, en revanche le manque de la couche absorbant le tout rendait l’expérience fade. Un repas sans sel.


Le paquet de Pampers avait fait son temps. Je suis retournée au magasin un mercredi pour lui trouver un remplaçant. C’était l’occasion de me pencher un peu plus sur la question du gabarit... “8” ne signifiait clairement pas “jusqu’à 8 ans”. Le dos du paquet m’a appris qu’il s’agissait juste d’un indicateur dans le panel des tailles. J’ai aussi réalisé, à mon grand désarroi, que la marque ne proposait pas plus grand. Aucune des autres marques non plus, d’ailleurs. Le maximum était Huggies qui proposait une taille 7 allant jusqu’à environ 19 kg et j’en faisais plus du double... Il y avait bien les couches culottes qu’avait porté ma sœur qui étaient faites pour les enfants un peu plus grands, seulement je n’avais pas envie de concéder les scratchs et la manière tout à fait régressive de les mettre. Sans alternatives probantes, je suis donc repartie avec les Pampers Baby Dry 8.

C’était le magasin où nous allions faire nos courses habituelles. Par la force des choses, nous connaissions les caissières et réciproquement. Il y en avait une avec laquelle ma mère aimait particulièrement échanger quelques mots. J’étais allée à sa caisse sans trop y prêter attention. Je n’avais pris qu’un pot de sauce tomate pour le soir, une baguette de pain et le paquet de couche. Je l’ai vu tiquer sur le dernier article. Elle l’a pris en main, a froncé un sourcil, m’a regardé, l’a passé sur son scanner et l’a fait rouler. Mes joues sont devenues rouges et je sentais mes mains transpirer.

- C’est pour des amis. Des amis de maman, me suis-je sentie obligée de justifier.

Elle n’avait pas l’air convaincue, sans toutefois prendre la peine de commenter. Je me sentais encore plus gênée. J’avais peur qu’elle en parle à ma mère. Le cœur battant, j’ai payé et je suis partie en me disant qu’il faudrait trouver une solution à ça aussi.
Depuis ce moment, je suis rentrée dans un processus que beaucoup d’ABDL connaissent : cacher, éviter d’éveiller les soupçons, se méfier de tout le monde, craindre d’être surpris(e), humiliée, et surtout - surtout - ne jamais pouvoir en parler. Ce manque d’extériorisation m’a mené vers un progressif enfermement et a ancré pour longtemps en moi un sentiment de profonde solitude.

 

La vie pourtant continuait son cours en parallèle. Au mois de mai était prévu un voyage scolaire. Cinq classes de mon collège partaient en classe verte en Auvergne pendant tout une semaine. Je m’en réjouissais sincèrement, pourtant, au moment de faire ma valise, j’ai réalisé avec un petit pincement à l’estomac que je ne pourrai pas porter de couches pendant tout le séjour. Dommage, le contexte aurait été idéal !
Nous sommes partis un lundi matin très tôt. Notre lieu d’accueil était une immense auberge. Filles et garçons étaient séparés dans des grands dortoirs qui leur étaient propres. Comme plusieurs classes étaient mélangées, je ne connaissais pas la plupart des filles de qui j’allais partager l’intimité, ni la majorité de nos voisins les garçons... Prépuberté oblige, ils seraient l’objet de plus d’une conversation après le couvre-feu.
Le mercredi, j’avais pris mes marques. Je dormais dans un lit au-dessus d’une fille d’une autre classe qui est encore une amie à l’heure où je vous écris. Nous passions nos journées à faire diverses activités au grand air, nos repas étaient pris sur des tables si longues qu’elles pouvaient accueillir une trentaine de convives affamés, les salles de bains communautaires des années 20 offraient une charmante désuétude à laquelle j’étais déjà sensible ; les meilleures vacances ! Au milieu de la nuit ce soir-là, nous avons entendu de l’agitation dans le dortoir des garçons. Au petit déjeuner, le mot avait déjà circulé : un garçon avait fait pipi au lit. Ma voisine me l’a pointé plus ou moins discrètement du doigt. Il était au bout d’une des tables à côté, le regard baissé sur sa tartine de confiture qu’il mangeait sans conviction. Personne ne lui adressait la parole. Il était de taille moyenne pour son âge, ses cheveux châtains en bataille cachaient en partie des yeux brun/vert. A partir de ce moment, j’allais chercher son contact pour le reste du séjour. J'essaierai de me mettre dans son équipe lors des jeux, à sa table, pas loin de lui dans le bus. Il est peu probable que je lui ai concrètement adressé plus de 10 phrases dans tout le séjour, mais quand je le regardais, j’avais des papillons dans l’estomac. Ce qui me plaisait chez lui ? Tout, de sa manière de se tenir à ses regards fuyants en passant par ses mots maladroits, laissait deviner l’inadapté social ; Un penchant qui ne m’a jamais quitté tant dans mes amitiés que dans mes amours.

 

Je suis rentrée le samedi en soirée, ravie de la semaine passée. Je comptais d’ailleurs la conclure superbement en passant une bonne nuit encouchée ! Comme il n’y avait plus de couche dans le sac de plage derrière la machine à laver, je suis montée dans mon lit mezzanine. J’ai attrapé Poilu au milieu de mes autres peluches.

 

Mon corps se fige.

Mes tempes vibrent.

Mon cœur s’emballe.

Mes paumes sont moites.

Mes mains se sont machinalement posées sur ma bouche comme pour prévenir d’un cri. Je n’avais pas besoin de l’ouvrir. Il était vide. Ma mère avait dû faire le ménage et avait découvert les couches cachées. C’était fini.

Commentaires

  • Daisy, I really have to say, you have nerves made from steel.
    It took me years before I got myself some diapers for the very first time. I prepared for everything meticulously before I even got the courage to buy a pack.
    I would not have been able to buy in the local supermarket where everyone knows me, my parents, my friends, the parents of my friends, I would die of fear. Buying diapers still feels like a crime to me sometimes. It feels like I got half of a degree in smuggling and forensics through that. But thanks to that, I have not been found out. That’s why I am really looking forward to the continuation to see how this plays out.
    I have read every blog entry of yours, and it was captivating, it is like you are telling an alternate story of how I grew up being an ABDL. The fear, the guilt, the pleasurous sensation of wearing, it is the secret agent story nobody is telling, and it sounds yet so familiar.
    I also have to thank you. We talked last year at the open day of diaper minister, I was the guy asking for an autograph on a diaper. You gave me some invaluable advice, it gave me courage to explore and make friends. And friends I made. This year, I will buy LNGU diapers at diaper minister, and I hope I will be able to ask you to sign it.
    I hope you are continuing this project, you are doing gods work.

    Tailsuser le

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