N - Nous
Crack.
L’amorti de mon saut après ma tentative de mettre un panier avait déchiré la base de l’attache. Le match dernier déjà, j’avais senti la défaillance. Il faut dire que j’avais un peu pris l’habitude de lésiner sur le ruban adhésif et je m’étais encouchée à la hâte ce matin-là.
Scchhh.
Les attaches de la hanche droite avaient tenu, ce qui n’empêchait pas la couche de glisser un peu plus à chaque pas. Il fallait agir vite. Je suis sortie du terrain en courant, direction les toilettes. La professeure m’a interpellé. Je l’ai ignorée.
Ploum.
A peine avais-je atteint le couloir que la couche a glissé jusqu’à ma cheville. J’avais un jogging large et resserré sur les extrémités, elle n’est donc pas tombée à terre, mais n’importe qui y prêtait attention remarquerait l’anomalie. J’ai fermé le loquet de la porte des toilettes et je me suis dépêchée de retirer la couche. Elle avait été utilisée quelques fois pendant la matinée et sentait l’urine. J’étais en train de la plier quand une camarade de classe est arrivée.
- Daisy, ça va ?
- Oui.
- Qu’est-ce qui se passe ?
J’avais la couche dans les mains, je n’osais pas bouger.
- Rien, j’arrive dans 5 minutes.
- Tu as besoin d’une serviette hygiénique ?
L’excuse n’était pas mauvaise.
- Oui, s’il-te-plait.
Elle est partie quelques instants avant de revenir au petit trot pour me passer la petite pochette plastique sous la porte.
- Merci.
- Tu m’en rendras une quand tu pourras.
E. n’était pas une méchante fille, mais elle était très attachée à ses affaires. Pas ma camarade favorite, voyez-vous. La situation était déjà assez embarrassante sans en plus lui devoir quelque chose.
Me voilà donc plantée dans les toilettes avec une couche sale et déchirée et une serviette hygiénique dont je n’avais pas besoin. Utiliser le petit container de la cabine était très risqué. Quelqu’un finirait par le voir et poserait des questions. J’ai rapidement gagné les vestiaires pour la jeter dans la plus grande poubelle. Là, au milieu d’un trognon de pomme et d’un mouchoir, on ne voyait qu’elle. J’ai donc sorti le sac poubelle, ai fait un nœud et suis allée jeter le tout dans celle du vestiaire des garçons. J’ai couru sur le terrain, rouge, transpirante et sans culotte. J’avais connu de meilleurs samedis.
Cette mésaventure et les divers autres problèmes liés à de mauvaises gestions ABDL (irritations, petites fuites, inconfort) ont ralenti mon port de couche. C’était à contre-cœur. Leur texture me manquait, nos moments d’intimités me manquaient. J’ai vaguement envisagé de repasser aux Drynites des débuts… Et puis non. Ce serait tout ou rien.
Lors d’une sortie en ville entre amis, nous sommes passés nonchalamment devant une pharmacie qui refaisait sa devanture. L’employée était en train de placer le produit du moment : des couches pour adultes. Jamais je n’avais mentalement placé les couches dans la case “soin”. Grossière erreur. La solution était donc dans une boutique à quelques rues de chez moi depuis tout ce temps…
Dès que j’en ai eu l’occasion, je suis rentrée dans une pharmacie pour officiellement acheter un baume à lèvre. Les caissières étaient occupées avec des clients. Personne n’a fait attention à moi. Mon mauvais sens de l’orientation m’a fait me perdre dans le coin “sénior”. Oups… Sur l’étagère du bas étaient alignés les 3 plus gros paquets de couches que je n’avais jamais vus. Leur taille m’hypnotisait. Je me suis accroupie pour les contempler de plus près. Mes mains ont attrapé le plus gros. Mon ventre s’est noué. La fine couche de plastique du paquet laissait deviner le molleton du produit qu’il contenait. Je les ai palpé pendant plusieurs secondes. Puis j’ai souri d’un sourire large et souverain. J’ai collé le paquet contre moi pour en
QUOI ??? 😱😱🤯😨😭🧮😵💰😖😲😲😭📽💸
Quasiment 40 € le paquet de 24 ?! Sur les 3 choix proposés, le prix à la couche le moins cher était quasiment le triple des pampers que j’achetais. En plus… j’étais un peu à sec ces derniers temps. Mon adolescence était plutôt festive. Sorties cinéma, après-midi shopping, premières soirées où l’on ne buvait pas que de l’ice tea… Tout cela a un coût. Et mon porte-feuille faisait la grimace.
J’ai reposé le paquet, la mort dans l’âme, j’ai acheté un baume à lèvres pour faire bonne figure et je suis ressortie en me promettant d’économiser.
Ce premier contact avec les couches pour adultes tournait à l’obsession. J’y repensais en journée, j’y pensais en me couchant, j’en rêvais. L’ordinateur familial m’a permis de franchir un nouveau cap dans ma vie ABDL. Seule à la maison pendant quelques heures, j’ai tapé dans la barre de recherche “couches pour adultes”. Je voulais juste avoir plus de précisions sur celles que j’avais vues en pharmacie. Et puis j’ai tapé “est-ce que les couches pour adultes sont confortables”. Et de fil en aiguille…
Internet m’a fait me rendre compte que je n’étais pas seule. Le “Je” est devenu “Nous”.
